La revue Études tsiganes
Qui sont les Roms, les Manouches, les Sinti, les Gitans, les Voyageurs ? Pourquoi les désigne-t-on comme Tsiganes ou Gens du Voyage ? Sont-ils tous nomades ? Que signifie la sédentarisation pour eux ? En dehors de la France, dans quelles régions du monde les rencontre-t-on ? Quelles y sont leurs conditions d’existence en termes de travail, d’habitat, de santé, d’éducation des enfants ?
Sont-ils des citoyens à part entière des pays où ils vivent ? Quel avenir peuvent-ils espérer ?
Depuis 1955, la revue « Etudes Tsiganes » répond à ces diverses questions en faisant appel aux meilleurs spécialistes issus de la recherche ou du travail social. Si, dans un premier temps, elle adopte plutôt la forme d’un modeste bulletin d’association paraissant trois à quatre fois par an, elle s’étoffe très vite, notamment en faisant une place de plus en plus grande à la photographie. A partir de1993, elle devient semestrielle et s’organise autour de numéros thématiques : Europe, identité, musique, femmes, mémoire, communication, école, nomadisme… Aujourd’hui, la revue propose une structure plus élaborée avec, autour d’un dossier central, des témoignages, un courrier des lecteurs, des rubriques permanentes apportant des informations diverses sur l’actualité des Tsiganes en Europe et dans le monde, leur musique, les publications scientifiques et la documentation audio-visuelle.
Reconnue, notamment sur le plan international, comme seule revue de référence en langue française dans son domaine de prédilection, Études Tsiganes se développe plus que jamais comme instrument indispensable d’information rigoureuse et de réflexion à destination des chercheurs, des acteurs sociaux et du public plus vaste des citoyens curieux et engagés.
Sous la direction de Grégoire Cousin et Gaëlla Loiseau le Conseil scientifique de la revue Études Tsiganes reçoit des articles en vue de publication. Les articles sont publiés après évaluation anonyme par deux réviseurs. Les articles proposés peuvent répondre à un appel à contribution thématique ou être proposés hors thématique (varia). La revue publie dans les champs disciplinaires des sciences humaines et sociales et encourage particulièrement les contributions des jeunes chercheurs.
ACTUALITÉ
Revue n° 77-78 :
« Nouvelles économies »
Ce numéro s’intéresse aux agentivités économiques contemporaines des populations tsiganes et voyageuses. La nomination inédite, en juillet dernier, d’un Rom à la tête du ministère du Travail au sein du gouvernement roumain invite à questionner conjointement l’évolution des représentations sur les Roms – où la question du rapport au travail est déterminante ; et les reconfigurations néolibérales du capitalisme dans lesquels ces populations sont aujourd’hui enrôlées.
Les contributions permettent d’analyser des situations où les groupes tentent de faire bouger les modalités de leur inscription dans une économie globalisée, en entrant dans le salariat, en développant des activités agricoles ou en devenant courtiers dans le recrutement de main d’oeuvre de sous-traitance à l’échelle européenne. Ces ouvertures de nouveaux territoires économiques se déploient sous des formes où les Tsiganes et Voyageurs tentent de maintenir des formes d’autonomie et marges de manœuvre au sein du système capitaliste. Nous découvrons les manières dont les processus identitaires forgent à la fois des mécanismes d’ajustements et de résistances discrètes aux injonctions normatives du marché ; des situations où le profit est mis en concurrence avec les formes de sacralisation des biens matériels.
Si ce numéro donne à comprendre des initiatives et adaptations aux diverses contraintes qui pèsent sur les activités économiques des Tsiganes et Voyageurs, il dresse aussi le constat que les biais culturalistes demeurent particulièrement prégnants dans les représentations institutionnelles de leur rapport au travail. Ainsi ce numéro ambitionne d’éclairer les intrications complexes entre émancipations et discriminations, élans et freins, qui façonnent les agentivités économiques contemporaines des groupes tsiganes et voyageurs.
LE CONSEIL SCIENTIFIQUE
Ilsen About (CNRS) – Henriette Asséo (EHESS) – Céline Bergeon (Université de Poitiers) – Marc Bordigoni (CNRS) – Elisabeth Clanet – Claire Cossée (UPEC) – Grégoire Cousin (EHESS) – Emmanuel Filhol (Université de Bordeaux) – Iulia Hasdeu (HETS) – Marie-Christine Hubert (Université de Bordeaux) – Cécile Kovacshazy (Université de Limoges) – Gaëlla Loiseau (INRAE) – Martin Olivera (Université de Paris VIII) – Bernard Pluchon – Tatiana Sîrbu (Université catholique de Louvain) – Adèle Sutre (EHESS) – Alain Reyniers (Université catholique de Louvain) – Marie-Claude Vachez
APPEL A CONTRIBUTIONS
Faire justice
Parmi les études consacrées aux Roms et Voyageurs, les questions de justice ont classiquement été documentées par le prisme d’une anthropologie attachée à l’analyse des modalités internes de résolution des conflits (Weyrauch W. O. 2001). Au-delà de l’intérêt et de la pertinence de ces travaux qui ont permis de saisir les ressorts d’un pluralisme juridique (Gamela J.F., Muntean V.M. 2014, Okely J. 2005, Acton T.A. 2003), certains ont pu contribuer à accentuer une conception criminogène de ces groupes (Foley A. 2010), tout en minorant leur agentivité pour rééquilibrer les jeux de forces à l’œuvre dans leurs relations avec les non-Rom.
Ces dernières années ont été marquées, en France et en Europe, par une reconfiguration des modalités d’action visant à faire reconnaître, dans l’espace public et médiatique, les préjudices, injustices et discriminations vécues par les groupes rom et voyageurs. C’est à ces processus d’engagement, de visibilité et de lutte pour la dignité que nous souhaitons nous intéresser dans ce numéro. L’idée de « faire justice » renvoie à des formes plurielles d’émancipation favorisant la reconnaissance (par les pairs, dans les communautés d’appartenance et auprès de la société majoritaire) d’abus, d’oppressions, de pratiques arbitraires, nécessitant des formes de réhabilitation, que ce soit dans les sphères publiques, sociales et privées. Les acteurs et collectifs rom et voyageurs qui s’organisent pour dénoncer ces formes d’injustice exercent des pressions politiques susceptibles de transformer les rapports de pouvoir et de rééquilibrer leur position et leur représentation au sein même des institutions. Ce numéro entend documenter et analyser ces processus à l’œuvre, qu’ils soient en devenir, qu’ils aient porté leurs fruits ou qu’ils aient échoué, en prenant en compte la complexité sociohistorique dans laquelle s’opèrent ces jeux d’acteurs, ainsi que les implications sociales, émotionnelles, politiques et juridiques qu’ils recouvrent à l’échelle individuelle et collective. +info
Vous pouvez envoyer vos propositions d’articles à : contributions@etudestsiganes.asso.fr
Plus d’information sur la procédure de soumission et d’évaluation
CALL FOR CONTRIBUTIONS
Justice in the making
In studies on Roma and Travellers, issues of justice have traditionally been documented through the lens of anthropology, which focuses on analyzing internal conflict resolution mechanisms (Weyrauch W. O. 2001). Beyond the interest and relevance of this work, which has helped to understand the drivers of legal pluralism (Gamela J.F., Muntean V.M. 2014, Okely J. 2005, Acton T.A. 2003), some have contributed to accentuating a criminogenic conception of these groups (Foley A. 2010), while downplaying their agency in rebalancing the power dynamics at work in their relations with non-Roma.
Recent years in France and Europe have been marked by a reconfiguration of the methods used to raise public and media awareness of the prejudice, injustice, and discrimination experienced by Roma and Traveller groups. In this issue, we focus on these processes of engagement, visibility, and the fight for dignity. The idea of “making justice” refers to multiple forms of emancipation that promote recognition (by peers, within communities of belonging, and by the majority society) of abuse, oppression, and arbitrary practices, requiring forms of rehabilitation, whether in the public, social, or private spheres. Roma and Traveller actors and collectives who organize to denounce these forms of injustice exert political pressure that can transform power relations and rebalance their position and representation within institutions themselves. This issue aims to document and analyze these processes at work, whether they are ongoing, have been successful, or have failed, taking into account the socio-historical complexity in which these actors operate, as well as the social, emotional, political, and legal implications they have on an individual and collective scale.
The first area of focus proposes analyzing the micro-political forms of expression of injustices experienced by Roma and traveling communities. The very desire to seek justice manifests itself through physical and emotional postures inherent to situations of oppression or discrimination. Enrolling children in school can be a real challenge when living on the road or in a slum. How do physicality and emotions shape forms of resistance in acts of protest, mediation efforts, or requests made to institutions? How do these expressions sometimes transform into longer-term mobilizations?
Social media now offers a new space for expression that has renewed opportunities for new assertions through direct digital interactions. It allows for the redeployment of endogenous forms of expression, often using derision and humor (Loiseau G. 2015), where previously news reports and press articles offered little political leverage to those most affected. These new media, accessible to all, have made it possible to restart unprecedented processes of speaking out about discrimination, ensuring the development of new political spaces for Roma and Traveller groups. This has allowed more or less media-savvy figures to emerge as whistleblowers or citizen collectives capable of organizing to make their voices heard. This issue will focus on analyzing these processes, which are transforming perceptions of the contemporary realities of Roma and Traveller groups in Europe. +info
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LES NUMÉROS DE LA REVUE
Les numéros de la revue Études tsiganes
La collection de la revue Études tsiganes, à partir de 1993.
Articles en texte intégral
La collection de la revue Études tsiganes, à partir de 1993.
Le fonds numérisé de la revue Études tsiganes
La collection de la revue Études tsiganes, de 1955 à 1992.
Ce fonds est disponible sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb343486078/date
ISSN de la revue : 0014-2247