Livres / nouveautés


"Catastrophes".
Terrain n°54, mars 2010
















Les catastrophes mettent face à face l'homme et la nature, semblant opposer une nature opaque et machinale à un homme éclairé. En va-t-il ainsi dans les faits ? L'analyse des désastres passés, comme celle des menaces à venir, a maintes fois fourni des arguments religieux, politiques, moraux ou scientifiques. Car les grandes catastrophes, en raison de leur vide de sens initial, se comportent comme des "puits de causalités", attirant à elles des logiques capables de les transformer en faits attendus. http://terrain.revues.org

Sommaire
Catastrophes et ordre du monde Nicolas Journet
Fléaux de Dieu ou catastrophes naturelles ? Les tremblements de terre en France à l'époque moderne Grégory Quenet
Une sentinelle sanitaire aux frontières du vivant.Les experts de la grippe aviaire à Hong Kong Frédéric Keck
Le sens du désastre Les multiples interprétations d'une catastrophe "naturelle" au Venezuela Sandrine Revet
Photographier la catastrophe Abigail Solomon-Godeau
Le scrutin de Nargis.Le cyclone de 2008 en Birmanie Bénédicte Brac de la Perrière
La catastrophe comme prétexte à l'action.Réformer l'alimentation au lendemain de Katrina Nicolas Larchet
Une catastrophe invisible. La Shoah des Tziganes Michael Stewart
Si on examine la liste des crimes de masse perpétrés au XXe siècle, du massacre des Arméniens par les Turcs en 1915 à celui de Bali en 1965, de la campagne menée contre les Mayas du Guatemala pendant trente-six ans aux horreurs commises aujourd'hui au Darfour, on distingue une tendance nette : tous les génocides, au moment où ils se déroulent, paraissent toujours aux observateurs extérieurs ambigus et peu plausibles. L'article analyse la persécution et le génocide particulièrement " désorganisés " et " désordonnés " des Tziganes durant la Seconde Guerre mondiale, et rattache le caractère localisé de leur persécution à l'échec, après le conflit, de la reconnaissance de cette catastrophe.

 


Une anthropologie du jazz, Jean Jamin et Patrick Williams, CNRS éditions, 384 p., 2010, Prix : 29 €
ISBN : 978-2-271-06934-4

 

 


Révolution rythmique, improvisations harmoniques, inventions mélodiques, virtuosité époustouflante de Louis Armstrong, Art Tatum, Django Reinhardt, Charles Mingus, John Coltrane… New Orleans, swing, be-bop, third steam, hard bop, free jazz et jazz West coast. Boîtes de Kansas City, clubs mythiques de la 52e rue à New York, growl des cuivres bouchés, raucité fluide du saxophone ténor, triomphe de la batterie…

Né aux États-Unis il y a un siècle, enfant du blues, du ragtime, du gospel, expression de l’histoire noire américaine, le jazz raconte les tragédies de la ségrégation, la lutte des descendants d’esclaves, mais aussi l’ouverture, le métissage, la formidable rencontre entre un élan musical ouvert au syncrétisme, et les aspirations d’une société multiculturelle en pleine évolution.

Une histoire revisitée grâce à l’anthropologie : le jazz, fait social et culturel, permet de comprendre le regard que des communautés portent sur elles-mêmes, les jeux de la parole et de la création, les rituels et les codes qui définissent à la fois une appartenance
et une manière de vivre et de sentir. Charlie Parker et Dizzy Gillespie n’ont-ils pas baptisé Anthropology l’un de leurs plus célèbres thèmes ? Bien plus qu’un genre musical, le jazz propose une conception du monde et une critique radicale de l’ordre social.

Jean Jamin est ethnologue, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, fondateur, avec Michel Leiris, de la revue Gradhiva, et directeur de L’Homme, revue française d’anthropologie ; il est membre du Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture (Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain du CNRS, Paris).

Patrick Williams est ethnologue, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, membre du Laboratoire d’anthropologie urbaine (Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain du CNRS, Paris).

 


Danger ! Educated Gypsy
Selected essays

Ian Hancock , Edited by Dileep Karanth
ISBN 978-1-902806-98-3 ,University of Hertfordshire Press
May 2010; 320pp

Ian Hancock, premier tsigane titulaire d'un doctorat au Royaume-Uni, . est l'auteur de plus de trois cents publications. Son ouvrage, " The pariah syndrome " paru en 1987, est un document pionnier concernant l'esclavage des Roms en Europe . " We are the romani people " (Hertfordshire, 2002), fait autorité dans le monde universitaire. .Enseignant estimé par des générations d'étudiants, il est également un porte-parole infatigable pour les peuples roms du monde.
Ian Hancock est le directeur et le fondateur du Romani Center de l'Université du Texas à Austin, où il enseigne la linguistique depuis 1972. Il a représenté le peuple rom à l'Organisation des Nations Unies et a été membre du Conseil de l'US Holocaust Memorial sous la présidence de Bill Clinton.
Ce volume rassemble un vaste ensemble de ses textes (dont certains sont inédits) sur l'histoire, la culture, la langue, l'identité le mouvement politique romani ainsi que sur le racisme et le génocide des Roms.
Dileep Karanth qui a étudié la linguistique à l'université du Texas, avec le professeur Hancock est l'éditeur de ce recueil. Grâce à sa connaissance des langues indo-aryennes et du persan, le Dr Karanth continue d'étudier les liens entre l'hindi-ourdou, et la langue romani.
Commande : http://www.herts.ac.uk/about-us/our-structure/subsidiary-companies/uh-press/romani-studies/danger-educated-gypsy.cfm

 

 


PÂNI ET LE PEUPLE SANS FRONTIERES

Sous-titre : Saga tsigane, Première époque
Roberto Lorier
Editions Wallâda
:160 pages 2010
ISBN : 978-2-904201-50-9

 

 

 

 

"L'épopée que je vais vous conter est la grande histoire du peuple tsigane, vue au travers de personnages imaginaires et d'autres réels ayant vécu à l'époque des faits.... Ma modeste contribution, que j'espère mener à terme, s'achèvera sur mon dernier roman ou plus précisément quand, dans le tourbillon des siècles et après avoir imaginé des centaines d'aventures liées à mes personnages et étudié des milliers de recherches linguistiques, historiques et même génétiques, je parviendrai à nos jours. "
Outre les recherches qu'il évoque, Roberto Lorier a nourri son imagination de BD et de films hollywoodiens à grand spectacle très proches par leur magnificence épique des épopées traditionnelles de la culture indienne. Son style en est marqué, qui innove ingénument. Pourquoi pas, en effet, oser introduire dans la littérature des techniques graphiques si inventives dans les textes associés à l'image ou destinés à la jeunesse ? Elles s'y prêtent d'autant mieux que le personnage principal est une fillette aux aventures extraordinaires, dont le parcours initiatique permet de frôler le jeu de rôles interactif.
Ce roman au thème apparemment très ciblé reste donc, et c'est l'objectif de l'auteur, grand public et largement attractif : " J'ai voulu simplement faire un roman qui, je le souhaite, sera distrayant. "
ARGUMENTAIRE
Il s'agit d'aventures épiques dans l'Inde des maharadjas, autour de l'an mille, quand eut lieu la première grande migration tsigane, à partir du Sindh et des bords de l'Indus. Parce que c'est aussi l'époque de l'invasion musulmane par les troupes de Ghazni, contre qui les intrépides rajputs qui sont les lointains ancêtres des Tsiganes défendront chèrement leur liberté. Sait-on assez qu'ils appartenaient aux plus hautes castes militaires ? Et que ces guerriers hors pair, de langue et de racines indo-européennes, véhiculaient les valeurs de l'ancienne Europe ? Dans leclimat actuel de rejet systématique d'un peuple qui a tant souffert, il est bon de rappeler sa culture profonde,même à travers un divertissement.
La petite Pâni qui a connu des jours paisibles dans sa tribu, la grande Tribu des Rivières, va se trouver bien malgré elle au centre de conflits destructeurs. Son paradis devenu un enfer où survivre tient du miracle lui donnera pourtant la possibilité de connaître d'autres cieux plus cléments mais pour un temps seulement…
L'AUTEUR
Créateur nautique, musicien, il est aussi compositeur : il vient de terminer la composition et les arrangements d'une oeuvre symphonique qui sera jouée en mai 2010. Il est issu d'une grande famille d'artistes manouches.
Son père, patriarche de 93 ans, violoniste, luthier et peintre, a composé le tableau reproduit en couverture et les illustrations intérieures.

 


Nous les Romanos, Bohémiens, Manouches, Gitans…. ANCB (Association Novatrice des Chênes, Blancs) 118 p.

Cet ouvrage collectif témoigne de l'identité dynamique de la communauté des Chênes Blancs dans le quartier de l'Ariane à Nice.
L'Ariane est un des plus anciens quartiers de Nice, excentré par rapport à la ville. La communauté tsigane principalement manouche et gitane est implantée dans ce quartier depuis plus de cinquante ans. A partir de textes rédigés lors d'ateliers d'écriture ou de paroles, ce livre confronte les valeurs transmises de générations en générations aux bouleversements de la société actuelle. Comment vivre aujourd'hui sans rompre avec des traditions séculaires ?
Comment ne plus voyager ? Comment résister à l'assimilation ?
Le regard extérieur d'un photographe s'entremêle aux photos de familles. Le livre s'ouvre sur un cri du cœur " apprenez à nous connaître, ne nous jugez pas ! Laissez tomber vos préjugés. "

Pour toute commande : ancbmassa@wanadoo.fr / Tél. 04 93 54 84 76
Le prix de vente est de 20€ (sans les frais d'envoi)




 


Sur l'épaule de l'ange

Alexandre Romanès
Ed Gallimard, 2010

"Pourquoi j'ai écrit ? L'écriture n'est pas une tradition gitane. La poésie me semblait trop haute pour moi, inaccessible, et puis la vie je voulais la vivre, pas l'écrire. Je m'étais fait une raison, mais pas le ciel. Lentement, au rythme des saisons qui passent, j'ai rempli un cahier d'écolier. Ce que je sais, c'est qu'il y a des poètes que j'admire. Peut-être que je n'ai pas supporté de les voir passer. J'ai voulu être l'un des leurs." A Romanès

Lire Alexandre Romanès c'est connaître l'épreuve de la plus grande nudité spirituelle. Juste une voix et surtout le ton de cette voix : une corde de luth pincée jusqu'à l'os, ce luth dont il a joué dans sa jeunesse. Les morts doivent parler avec la même douceur sourde et sans reproche. A la lecture c'est comme si on traversait une larme. Cette larme que le poète refuse de verser fait l'humanité profonde de son livre. Il y a de l'eau, c'est tout, et un tout petit brillant de sel. Dans la dernière partie du livre, il y a de l'air. On a atteint la chambre des résurrections. Une douceur sans mélange, si pure qu'elle fait éclater la vitre de la mort. C'est le silence désormais qui tient le livre entre ses mains.
Christian Bobin

 


Les Quatre vies posthumes de Django Reinhardt, Patrick Williams, Editions Parenthèses, collection Eupalinos, 288 pages, mars 2010
ISBN-10: 2863646567 ISBN-13: 978-2863646564

Django Reinhardt est mort à 43 ans le 16 mai 1953, frappé d'une congestion cérébrale ; en 2010 a été célébré son centenaire. Dans ces quatre " vies posthumes ", trois fictions et une chronique, Patrick Williams imagine que Django survit à cette attaque.
Je cherche comment dire à Django Reinhardt à quel point j'ai été heureux de partager ces heures avec lui. Le voilà qui fait signe au maître d'hôtel et demande qu'on nous appelle un taxi. " On va prendre le café à La Pergola. Viens, on va attendre le taxi dehors. " Sur le seuil du restaurant, un vent froid et la pluie nous souhaitent la bienvenue dans la nuit. Je ne trouve rien de mieux à dire que "Il pleut". "Oui, ça va faire briller les trottoirs."
À travers le regard, la sensibilité même, des quatre narrateurs le jeune journaliste de jazz, le critique littéraire, le romancier et l ethnologue nous voyons Django sortir de son coma pour embrasser des destins inattendus et pourtant presque familiers : un triomphe en duo avec Thelonious Monk, une carrière de compositeur de musique électro-acoustique à New York ou une existence de marcheur solitaire loin du jazz, des Manouches et de la guitare.
La dernière " vie " n est pas une fiction mais une chronique, celle de la postérité que connaît aujourd'hui la figure de Django Reinhardt ; et c'est peut-être bien l'histoire la plus extraordinaire car alors que dans les trois fictions Django finit inévitablement par mourir, la chronique montre, elle, comment il est devenu immortel...
Biographie de l'auteur
Patrick Williams est ethnologue au CNRS (laboratoire d Anthropologie urbaine). Spécialiste des divers aspects de la culture tsigane, il a publié de nombreux livres et études sur le sujet.



 


All change ! Romani Studies through Romani eyes
Edited by Damian Le Bas and Thomas Acton
University of Hertfordshire Press Janvier 2010, 96pp ISBN 978-1-905313-78-5

L'émergence salutaire de Tsiganes / Roms / Gens du voyage dans la communauté intellectuelle et universitaire a suscité de nouvelles réflexions et réévaluations de bon nombre d' idées reçues entourant l'histoire et la culture roms. De nouvelles questions sont posées et de nouveaux défis critiques ont surgi, notamment par le fait que l'identité tsigane n'est pas dans ce cas considérée comme un phénomène exotique.

Cet ouvrage offre de nouvelles perspectives sur l'expérience roms à travers des voix qui s'expriment avec autorité et d'authenticité. Eminent professeur et chercheur Ian Hancock (Université du Texas à Austin) explore comment l'étude de la linguistique a fait la lumière sur les origines des Roms. Dr Adrian Marsh étudie les discriminations et les préjugés auxquels sont confrontés les Tsiganes de Turquie tandis que Valdemar Kalinin s'intéresse à la construction de l'histoire des Roms en Russie. Dr Brian Belton et Damian Le Bas proposent leurs points de vues sur le concept en apparence insaisissable de l'identité tsigane, tandis que Janet Keet-Black défend l'intérêt de l'exploration personnelle et de l'histoire familiale.

Damian Le Bas est diplômé de l'Université d'Oxford en théologie. Il expose également ses œuvres graphiques, notamment à la Biennale de Prague 2007.

Thomas Acton est professeur d'études romanies à l'Université de Greenwich. Il a écrit ou contribué à de nombreuses publications et défend activement les droits des Tsiganes.

 


Liberté
Tony GATLIF, Eric KANNAY, Editions Perrin, 2010, 238 p., 17 €
ISBN : 978-2-262-03062-9

Les gitans ont inspiré Tony Gatlif depuis le début de sa carrière , peu à peu il dévoile l'histoire de ses ancêtres, ce qui rend plus fort encore ce roman tiré de son dernier film Liberté inspiré de faits véritables…

Théodore est vétérinaire et maire d'un village situé en zone occupée pendant la Seconde Guerre mondiale. Avec l'institutrice Lise Lundi, il fait la connaissance du clan de Puri Dai, des Tsiganes venus au village pour y faire les vendanges. Humaniste et républicaine, la jeune femme convainc, non sans mal, les nouveaux arrivants de scolariser leurs enfants. Une tâche qui se révèle délicate et souvent épique pour ce peuple attaché à ses traditions orales et à sa liberté.
Mais la joie et l'insouciance sont de courte durée : la pression de la police de Vichy puis de la Gestapo sur les nomades s'intensifie et le danger se fait chaque jour plus menaçant sur la petite communauté. Comme ils l'ont toujours fait depuis des siècles, les Tsiganes veulent reprendre la route...

Né d'un père kabyle et d'une mère d'origine gitane,Tony Gatlif, réalisateur, musicien et scénariste, avait à coeur de raconter un jour le destin tragique des Tsiganes pendant la guerre. Avec Liberté, tiré de son film éponyme, il signe au côté du romancier Éric Kannay le récit juste des heures tragiques d'une famille tsigane dans la France occupée.

 


"Roma realities - Decade 2005-2015"
Photos by Yves Leresche
Roma Realities
Decade 2005-2015
Version anglaise uniquement
Swiss Agency for Development and Cooperation., 2009

ISBN 978-2-88474-178-1
http://www.romadecade.org

"Roma Realities - Decade 2005-2015" publié par l'Agence Suisse pour le Développement et la Coopération et la Banque Mondiale traite des résultats et des actions en cours dans le cadre de la Décennie pour l'intégration des Roms. Le livre est composé de 6 chapitres :
exclusion/inclusion ; santé et condition des femmes ; emploi ; habitat ; éducation ; tradition/évolution, alternant des entretiens auprès d'experts relatifs à chacun des sujets et des photographies d'Yves Leresche ainsi qu'un entretien avec ce dernier.

 

 

 

 

 

 

 

 


Django Reinhardt & l'histoire de la Chope des Puces : 100e anniversaire
Catherine Gravil & Marcel Campion
préface de : Jacqueline Rouillon
Editeur : D. CarpentierCollection : Les géants de la chanson

Date de parution : 19/11/2009
Ean : 9782841676521
Description : 30 x 17 cm / 125 p, 19.90 €

La vie de Django Reinhardt produit une myriade de légendes, de fables, de fantasmes, d'avis subjectifs, d'opinions personnelles d'après témoignages, dans un mélange de vrai, de faux, de vérifiable, de possible, de fils inextricablement emmêlés. Son histoire, comme toutes les belles histoires, mérite d'être racontée, les anecdotes d'être écoutées. Son existence est intimement mêlée à celle de La Chope des Puces. Les musiciens du café mythique redonnent vie à celui qui a vécu non loin de là, à quelques encablures de rues, même si le café n'avait pas encore sa forme actuelle. Pour tous, musiciens et disciples, personne n'a vraiment égalé le maître, aussi faut-il garder un silence prudent sur le véritable successeur. Django a créé un univers. C'est la preuve d'un immense talent. Et chacun des musiciens a un génie qui lui est propre. Ils sont tous amants de leur musique et du plaisir. La Chope leur permet de l'exprimer en un sublime adagio. Doit-elle être déclarée d'intérêt public ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les Rroms
Une nation en devenir ?

COLLECTION "HISTOIRE : ENJEUX ET DEBATS"
Auteur: Morgan Garo
Parution : avril 2009
Pages : 239 pages
Format : 15x21,5
ISBN : 978-2-84950-19-79

Minorité transnationale répartie sur le territoire de plusieurs États européens, les Rroms font régulièrement la une de l'actualité en raison de la stigmatisation dont ils sont victimes. Cependant, au-delà de leur apport culturel ils sont mal connus. Cet ouvrage permet de découvrir l'histoire de ce peuple sans État qui revendique une existence et des droits. Après avoir abordé la situation et l'histoire de cette communauté en Roumanie, République tchèque et France, l'auteur décrit la vie de cette communauté à travers ses associations et mouvements politiques qui se sont structurés à l'échelle européenne.
Si l'histoire de la nation rrom n'a pas été à ce jour écrite, cet ouvrage est un des premiers à synthétiser le parcours de ce peuple parti d'Inde au 11e siècle, qui a tout d'abord connu l'esclavage, puis au 20e siècle une tentative d'extermination par les nazis (Samudaripen). Enfin, l'ouvrage interroge, à l'heure du danger d'ethnicisation des sociétés européennes, une autre conception du vivre-ensemble des peuples qui ne soit pas fondée sur les liens du sang mais sur des communautés de destin, respectueuses de ses minorités. Morgan Garo, docteure en géographie-géopolitique, travaille depuis de nombreuses années sur les communautés rroms d'Europe. Elle est l'auteur de différentes contributions sur ce sujet.

 

 


 


Le château des Gitans
Roman de Magali Favre
Editions boréal, 2009, 166 p
Diffusion Volumen (à partir de Mai 2010)
(Livre jeunesse 12 ans et +)
ISBN : 9782764606506 (2764606508)

Résumé
Nous sommes en 1954, à Montpellier, dans le sud de la France, où les traces de la Seconde Guerre mondiale sont encore bien fraîches. Aymé, un jeune Québécois, passe ses vacances scolaires chez ses grands-parents, loin de sa famille pour la première fois. Attiré par la musique des gitans qui vivent sur les bords du Lez, il va faire la connaissance de Mika, un
" caraque ", comme on appelle là-bas les Gitans. Mais pourquoi ses grands-parents voient-ils d'un mauvais oeil cette amitié qui se noue?
Le roman de Magali Favre fait référence au camp d'internement de Saliers, où 700 Tsiganes, hommes, femmes, enfants furent internés de 1942 à 1944.

 

 

 

 

 

 

 


Il faut choisir son camp
Joel Mangin
Ediplume 2007 , 117 p
ISBN 978 2 915301 22 9
(en vente chez l'auteur, 16 grand rue, 21120 Marcilly sur Tille

Mais quel est donc le point commun qui réunit un vieux garde-forestier qui sent la mort approcher et un jeune surdoué, issu de la communauté "" des gens du voyage""?Tous deux sont tourmentés par un passé trop lourd, un passé ignoré qui touche à notre histoire. Joel Mangin, historien, s'est inspiré de faits réels , l'internement et la déportation des Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, sujet oublié et occulté par l'histoire pendant de longues années. A cette époque, comme aujourd'hui, les protagonistes de ce drame ont appris que chacun doit constamment choisir son camp.


 

 

 

 


 


J'ai vu pleurer un vieux tsigane

Auteur : Guy Jimenes
Broché / 14,5 x 19 / 72 pages
Prix : 6,95 €
ISBN : 978-2-3500-0434-1

Fin des années 1960, dans un village de France. Le narrateur, alors âgé de 12 ans, se trouve confronté à l'arrivée d'un groupe de " Gitans " sur lesquels pèsent tant de préjugés. Le hasard d'un face à face avec un vieil homme en larmes, dans une maison chargée de souvenirs, puis la prise de conscience du terrible sort réservé aux Tsiganes d'Europe, décideront
de son orientation. Un texte émouvant sur ces " oubliés " de l'Histoire.

 

 

 

 

 

 

 


Maggie Smith-Bendell
Our forgotten years
A Gypsy woman's life on the road
University of Hertfordshire Press, Novembre 2009; 256 p.
ISBN 978-1-902806-91-4

Maggie Smith-Bendell est née près de Bridgewater, dans le Somerset en 1941. Sa famille, a parcouru la campagne, gagné péniblement sa vie dans les bois et les haies, fait toutes sortes de travaux pour les agriculteurs, y compris la cueillette des pois, des haricots et du houblon - et très tôt Maggie a contribué au travail collectif de la famille.
Au cours de ces soixante dernières années la culture tsigane s'est trouvée dangereusement menacée : mode de vie traditionnel en danger de disparition, durcissement de la législation, évolution de l'agriculture, beaucoup de facteurs ont mis en péril la liberté des Tsiganes.
Dans ce récit, qui a toute la saveur de la langue et la culture tsigane, Maggie Smith-Bendell nous donne une image précise de ce mode de vie qui a plus ou moins disparu: rythmé par les saisons, dans une extraordinaire proximité avec la nature, elle et sa famille ont fait face à de nombreuses épreuves. Maggie, retrace également son propre cheminement pour devenir une militante des droits des Tsiganes.
Maggie Smith-Bendell se définit comme "privilègiée d'être née à l'époque de la roulotte et du cheval, dans une famille tsigane traditionnelle". Elle est très fière de son héritage et elle pense que c'est son enfance qui a fait d'elle ce qu'elle est aujourd'hui, un militante de la cause tsigane. Elle dirige actuellement une association pour les Tsiganes et Gens du voyage basée dans le sud-ouest de l'Angleterre et se bat sans relâche des pour les droits des Tsiganes.





 


Les tsiganes en France :
Un sort à part 1939-1946,
Henriette ASSEO,
Emmanuel FILHOL,
Marie-Christine HUBERT

Parution : octobre 2009
ISBN : 978-2-262-03063-6
Pages : 420
Prix : 22€

A l'automne 1940, les Tsiganes de France furent rassemblés pour être transférés dans une trentaine de camps gérés par Vichy. Ces Français de souche parfois ancienne (certains sont arrivés au XVe siècle), quelquefois sédentaires mais le plus souvent nomades, étaient fichés depuis 1912 et tenus par la loi de faire valider leurs "carnets anthropométriques" auprès des gendarmeries : des fichages préalables qui facilitèrent leur internement.
Ainsi le sort des Tsiganes en France fut particulier, différent de celui qui fut fait aux Juifs déportés dans les camps de concentration et d'extermination et aux Tsiganes d'Europe. En mettant en lumière cette page ignorée de notre histoire, Marie-Christine Hubert et Emmanuel Filhol ont réalisé ici un travail inédit, souvent émouvant, grâce aux témoignages qu'ils ont retrouvés dans les archives, mais aussi auprès de survivants.
Cette histoire tragique croise celle de la Seconde Guerre mondiale avec son cortège d'horreurs - abandonnés dans leurs camps, les Tsiganes vont vivre dans des conditions misérables et ne seront libérés qu'en 1946 -, mais elle puise aussi ses sources aux fondements de la Troisième République : une république fortement attachée à façonner un citoyen français à ses normes - laïc, sédentaire, éduqué - aux antipodes d'une culture orale, nomade, et... différente.

Marie-Christine Hubert est historienne et archiviste. Elle est l'auteur d'une thèse d'histoire sur les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Emmanuel Filhol est maître de conférences hors classe à l'université de Bordeaux I.

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Le Cirque chaviré,
Milena Magnani
Ed Liana Levi, 2009 200p

Branko le Hongrois, dans ses cartons, transporte un cirque. Alors des grappes d'enfants du campement tsigane où il débarque un soir le suivent comme une ombre. Pour eux, et surtout pour la petite Senija, il raconte l'histoire de la splendeur du Kék Cirkusz, le cirque de son grand-père. Avant que la Seconde Guerre mondiale et son cortège de pogroms et de trahisons ne le réduisent à ces quelques boîtes dérisoires. Il raconte avec la voix fébrile de quelqu'un qui espère avoir assez de temps pour transmettre son héritage. Aussi, quand dans ce bidonville en bordure d'autoroute, il sent par sept fois un poignard le transpercer, il ne peut se résoudre à quitter la scène. Portée par une langue aux multiples accents, à l'image de ce camp rom, Milena Magnani nous livre une épopée moderne, qui parle de mémoire, de transmission et d'espoir pour ces éternels laissés-pour-compte d'une magnifique humanité.

"Lorsque le monde est atroce, le salut peut venir d'un cirque." Erri De Luca

 

 

 


Gitans. le pèlerinage des Saintes Maries de la Mer
, de Kkrist Mirror, Emmanuel Proust éditions, 2009




"Gitans, le pèlerinage des Saintes Maries-de-la-Mer ", est une " enquête artistique " retranscrite de façon graphique pour la forme, et intimiste pour le fond. C'est l'histoire des saintes Maries telle que les livres d'histoire la racontent. C'est aussi une illustration physiologique des pèlerins en général, et des Gitans en particulier pendant leur séjour dans ces lieux uniques. C'est la description de ces gens, de ce qu'ils peuvent éprouver pendant un moment privilégié ; un événement même, qui voit son intensité émotionnelle progresser lors de la procession. La procession dont le dénouement a lieu en bord de mer avec " l'accueil " des saintes Maries. Symbole ô combien vécu avec ferveur ! La descente des " Chasses ", ces reliques palpables, lors de la cérémonie religieuse à l'église, est le point culminant de l'intensité dramatique. Le pèlerinage des saintes Maries, c'est donc la ferveur religieuse et vitale démultipliée du peuple gitan. C'est une prière. Ma bande dessinée, c'est aussi modestement un petit bout de voile soulevé sur la vie souvent précaire du dernier peuple nomade européen. Ces tribus " d'indiens ", sauvages parfois, exterminées pendant la Seconde Guerre mondiale, et mal aimées de tous temps, ne sont cependant pas en voie de disparition. Les gitans d'Espagne, plus ou moins sédentarisés, se sont assimilés, tandis que l'ouverture vers les pays de l'est, nous montre une véritable nation Rom encore très éprouvée par l'oppression. Les " Andalous " sont bien sûr en grand nombre aux Saintes, mais toutes les ethnies, ou presque, du peuple Tsigane y sont représentées. C'est aussi mon pèlerinage : Ce que j'ai vécu, ressenti les quatre fois, aux années 1986-87-89-94, c'est ce que j'y ai vu aussi, strictement ! Cette bande dessinée inhabituelle n'a pas la prétention d'asséner une ou plusieurs vérités. Sa vocation est de montrer ma vision des gens, de l'environnement, des " choses " que j'y ai rencontrés, à un moment fort, dans un contexte religieux. C'est avant tout une oeuvre d'artiste et donc, non objective, enfin je l'espère ! Qu'importe le sujet peut-être, objectif ou non. Seule l'expression artistique compte, car l'essentiel peut y être dit. Kkrist MIRROR
L'album se compose également d'une préface de Tony Gatlif et d'une partie documentaire rédigée par Daniel Boitard et Marc Bordigoni, mis en images par K. Mirror.

 


Petite, allume un feu... Martin Smaus, Littérature étrangère, Traduit du tchèque par Christine Laferrière, Editions des Syrtes, 2009, 355 pages - 22.00 €, ISBN : 978-2-84545-145-2, SODIS : 9756977

Au dire de l’auteur, cette histoire puise sa source dans son émerveillement face au monde des Tziganes et sa fascination pour des gens qui n’ont pas encore oublié qu’eux aussi ont jadis été enfants, et qui arrivent encore à chercher et à rêver. Mais elle devient universelle face aux êtres marginaux qu’elle dépeint, tant elle saisit la profondeur de leur âme. L’histoire tragique d’Andrejko, arraché à son hameau et plongé dans le monde des voleurs à Prague, se double, en filigrane, de celle de son peuple. Les Dunka vivent au gré des changements politiques – ils fuient les nazis puis les Russes, sont déplacés de force et paient un lourd tribut à l’Histoire dans leur propre chair. Devenu voleur hors pair, Andrejko connaît l’injustice et la haine des gadjé, parfois aussi celle des siens, passe de Prague à Plzen(, de la maison de correction à la prison, lorsqu’il ne se réfugie pas dans sa campagne natale avec sa jolie cousine. Il tente de s’adapter à la société, sinon de retrouver ses racines, de placer certaines valeurs morales au-dessus de l’argent, mais il finit seul et le lecteur est aussi libre que lui d’imaginer la suite... Petite, allume un feu… est un éloge du sentiment de liberté, une célébration de la quête, à travers l’expérience de la découverte tout comme de la perte. C’est aussi un hymne d’amour au romani chib, langue chargée d’émotion et de violence, émaillée de tout l’imaginaire des croyances populaires. Le destin d’Andrejko porte en lui le sublime et le tragique, dans une prose qui ne saurait laisser indifférent, tant par son réalisme que par sa poésie profonde.




 

 


ROMS, SINTIS ET YÉNICHES, La «politique tsigane» suisse à l’époque du national-socialisme, Thomas Huonker, Regula Ludi, Postface de Thomas Huonker, Editions Page deux, mars 2009, 220 p., postface comprise, plus 16 p. cahier de documents -
ISBN 978-2-940189-42-7, Contact : editions@page2.ch



Au début du XXe siècle, la Suisse a été l’un des premiers Etats à restreindre de manière unilatérale la liberté de mouvement des «Tsiganes». La fermeture des frontières décidée en 1906, qui s’accompagnait de l’interdiction de transporter des «Tsiganes» par train ou bateau à vapeur, a été maintenue par les autorités helvétiques après le début de la Seconde Guerre mondiale. Dans l’entre-deux-guerres, le refoulement de Roms et de Sintis étrangers ou apatrides a été pratiqué par la plupart des Etats européens. Ainsi, les polices des différents Etats renvoyaient, en toute illégalité, les «étrangers indésirables» vers les pays voisins. Face aux Yéniches de nationalité suisse, la sédentarisation de force fut choisie et appliquée par les autorités.

Avant l’arrivée au pouvoir des nazis, les «élites dirigeantes» helvétiques ont participé diligemment à la collaboration internationale policière visant à institutionnaliser la restriction maximale de mobilité des «Tsiganes». Parmi les instruments mis en place: un fichage systématique. Cette coopération active se perpétua après l’avènement du Troisième Reich, alors que se préparait la déportation vers les camps de la mort des «Tsiganes».

La disparition d’archives cruciales, ajoutée à d’autres difficultés de recherche et définition, a rendu impossible une étude quantitative des refoulements de «Tsiganes». Toutefois, les cas individuels exposés ici illustrent la substance de la politique suivie. Le refus de reconnaître la nationalité suisse à des «Tsiganes» menacés de déportation et de mort est emblématique à ce propos.

Dans sa postface de 40 pages, Thomas Huonker trace des trajectoires individuelles de «Tsiganes» à partir de sources découvertes après la rédaction de l’ouvrage. L’analyse de l’anti-tsiganisme helvétique est ainsi confortée; au même titre que les relations des instances administratives et politiques suisses les plus élevées avec le régime nazi. Le cahier de documents – qui réunit certaines archives jamais rendues publiques jusqu’à maintenant – illustre les deux volets de ce diptyque politique.

Ce passé n’est-il pas en train de se conjuguer au présent? Cet ouvrage est donc un livre d’histoires… actuelles.

Plus d'infos : www.droitshumains-geneve.info

 


La Route des Gitans, Miguel Haler, préface Joseph Joffo, Ed. Ginkgo, collection "Mémoire d'hommeé, 2009, 248 p., ISBN 978-2-84679-065-9, Prix 15 €

"Sur le long de nos routes de France, quelquefois, nous apercevons furtivement, de notre véhicule, des caravanes qui stationnent sur un terrain vague, avec du linge qui bat au vent sur des étendages de fortune. Alors nous pensons : "Tiens, des Bohémiens !"
Cette vision suscite en nous, le plus souvent, un indécible mépris. Parfois elle évoque un certain mystère ; mais le plus communément elle provoque une indifférence hautaine... On se dit : "Ces gens là ne vivent pas comme nous, ils ne sont pas comme nous !" (...)
Pendant la deuxième guerre mondiale, ces gens, considérés comme asociaux par les nazis, comme les juifs, ont payé un lourd tribut : entre six cent cinquante mille et un million de personnes ont disparu dans les camps de la mort...
Miguel Haler, qui est l'un des guitaristes qui joue pendant les célébrations du pèlerinage des Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer, à la suite d'une confidence qu'on lui a faite un soir dans une caravane, nous livre un bouleversant roman.
Ce livre est non seulement l'une des plus belles histoires d'amour que j'ai lue, mais c'est aussi un formidable plongeon dans la vie, les habitudes et les coutumes de ces hommes et femmes, au temps où ils se déplaçaient avec des roulottes tirées par des chevaux. Mais ce n'est pas tout, ce livre est aussi un témoignage poignant sur les persécutions que ce peuple de vagabonds a subies, à l'époque où régnait le régime barbare de "l'empire" hitlérien.
Maintenant, place à la magie des mots, des phrases et des chapitres... Place à l'aventure..."
Extrait de la préface de Joseph Joffo

 


Bohémiens, Nicole Lougarot, Editions Gatuzain, 2009, 140 p., 13 € ISBN 2–913842–50-X







Les Bohémiens, membres du peuple tsigane partis de l'Inde au Xème siècle, sont apparus en Europe quatre siècles plus tard. Nombre d'entre eux se sont sédentarisès, notamment ici, au Pays Basque. Ici comme ailleurs, ils ont subi une longue période de répression, au point pour certains de ne plus vouloir dire appartenir à leur peuple, pour mieux “s'intégrer”.
Ici comme ailleurs, beaucoup de leurs descendants ignorent que leurs ancêtres étaient Tsiganes. Ici comme ailleurs, on les trouve représentés dans les mascarades ou autres manifestations carnavalesques.
Ici comme ailleurs, ils ont très certainement laissé des traces de leur culture, de leurs danses, de leurs musiques... Mais ici comme ailleurs, on oublie de raconter leur histoire, et de dire qu'ils sont là depuis longtemps.
La première partie de cet ouvrage remonte le temps pour suivre les pérégrinations des premières générations tsiganes. est également évoqué le bon accueil qui leur a été réservé par les populations locales et leurs gouvernants avant que la méfiance et le rejet ne s’installent. En Pays Basque, la terrible rafle de 1802 se distingue parmi les épisodes les plus marquants de cette persécution.
Une deuxième partie invite à un tour d’Europe des mascarades, des tournées de quête et de certaines danses. Il souligne néanmoins combien ces personnages de fêtes populaires sont semblables à ceux que nous connaissons ici en Pays Basque.
D'où, dans une troisième et dernière partie, une hypothèse qui n’a guère été explorée jusqu’ici par les spécialistes de la tradition : l’apport probable des Tsiganes à l’enrichissement des cultures régionales d'Europe.

Nicole Lougarot, animatrice née en 1963, habite dans son village natal de Gotein-Libarrenx, en Soule. Impliquée dans plusieurs associations et à la création de spectacles (Mustraka, Matalaz, Oiherkoren trajeria, Anderegatik, Ana non), rien ne la prédestinait à écrire ce livre sur l'histoire des Bohémiens du Pays Basque. C'est il y a trois ans, en cherchant une fanfare tsigane pour le festival Xiru, qu'elle a entendu parler pour la premère fois de la rafle de quatre cent soixante-quinze Bohémiens en 1802 dans les arrondissements de Mauléon et Bayonne

 


Roms et Tsiganes, Jean-Pierre Liegeois, Ed. La Découverte, Collection : Repères n°530, mars 2009, 128 p. Prix : 9,50 €
ISBN : 9782707149107












 

 

 

Roms, Tsiganes, Gitans, Manouches, Gens du voyage… On en parle quotidiennement. Mais sait-on qu’ils forment la minorité la plus importante d’Europe ? Sait-on qu’ils ont une langue, une culture ? La connaissance qu’on en a passe à travers le filtre de préjugés qui se sont sédimentés au cours de mille ans d’histoire et viennent inspirer puis justifier les actions menées à leur égard.
Cette minorité transnationale existe par la force d’une organisation sociale qui a permis sa survie dans la dispersion et face à des traitements coercitifs : rejet, esclavage, envoi aux galères, extermination, assimilation. Il s’agit de communautés dynamiques, qui vivent une mutation profonde et se positionnent aujourd’hui en tant que partenaires des institutions nationales et internationales.
Roms et Tsiganes sont au cœur des enjeux sociopolitiques du XXIe siècle marqué par l’émergence des minorités et par le développement de la mobilité dans une Europe qui se voudrait sans frontières. Ils sont également au centre des réflexions sur le multiculturalisme.

Jean-Pierre Liégeois est enseignant à l’université Paris-Descartes où il a fondé en 1979 et dirigé jusqu’en 2003 le Centre de recherches tsiganes. Il fait partie du Groupe d’étude pour l’Europe de la culture et de la solidarité. Depuis le début des années 1980, il a travaillé en étroite collaboration avec le Conseil de l’Europe et avec la Commission européenne et réalisé de nombreux ouvrages et rapports concernant les Roms et Tsiganes.

Introduction - Une approche dynamique - Une figure emblématique -
I / Images et réalités - Une histoire séculaire - Légendes et récits - Les hypothèses - La piste linguistique - L’Inde comme origine - Vers les certitudes - Les documents des archives - Les noms : un grand malentendu - Tsiganes et Roms - Stéréotypes : une mise en scène - De l’image à l’attitude négative - La discrimination - De nouvelles formes de discrimination
II / Une négation séculaire - Le discours de l’ordre - L’exclusion - De l’exclusion à la réclusion - D’autres pratiques de réclusion - L’extermination - De la réclusion à l’inclusion - L’art de la nuance - L’ère de la transparence - La clôture du discours - Le spectre du désordre - De l’indécision à l’innovation ? - Les collectivités locales - Une tutelle associative - Les migrations des années 1990
III / La politique des Roms - Une culture dynamique - La langue - L’organisation sociale - Un ensemble structuré - La mobilité - L’organisation économique - L’identité - L’enjeu scolaire - Une mutation politique - Les organisations roms - Une participation politique - Un mouvement international - Une position européenne - Un profond changement culturel - Un enjeu politique - Une prise en compte internationale - L’Union européenne - Le Conseil de l’Europe - L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) - L’Organisation des Nations unies - Vers une amélioration de la situation ? - Un ensemble de dérives - Une période cruciale - Une adaptation au temps présent - Une évolution nationale - Un renversement de perspectives - Repères bibliographiques.

 


Dernier round à Neuengamme, Trollmann, boxeur tsigane, Greg Lamazères, Editions Privat, 2009. 224 p., Roman Historique

Johann Trollmann, tsigane allemand, boxeur bondissant, insaisissable, malin et charmeur, vedette des rings dans la république de Weimar, devient la bête noire du IIIe Reich car son sang serait impur, sa race corrompue, ses poings, son esprit et ses pieds trop rapides et sa seule présence une insulte à l'idéal nazi.
Avec lui, et au même moment que les Juifs, c'est tout un peuple et une partie de sa propre population que l'Allemagne de Hitler engloutit systématiquement.

Des clubs de Hanovre aux grandes brasseries de Berlin, des rings de lumière aux estrades des foires, des tables des meilleurs cabarets aux premières loges des abattoirs, jusqu'à l'ultime défi, devenu mythique ; jusqu'au neiges du front de l'Est et à l'univers concentrationnaire du camp de Neuengamme : gloire, déclin et chute de Johann Trollmann, le champion tsigane que les nazis ont dévoré.

Greg Lamazères est journaliste et reporter à Toulouse (pour TLT), où il est né en 1965. Il est également l'auteur de biographies de résistants, de romans et de nouvelles sur l'immigration italienne, les idéaux brisés du socialisme, les années 1930 et la Seconde Guerre mondiale, saint Jean-Baptiste, Hossegor, le blues, le Mexique et ses propres années radio.





 


L'évangile du gitan, Jean-Marie Kerwich, Ed. Mercure de France, 160 p., 2008, Prix : 14,50 € - ISBN 978-2-7152-2867-2

"Qui nous aide à respirer commence par nous couper le souffle : chaque texte du livre de Jean-Marie Kerwich est un paquet d’embruns qui ouvre violemment la fenêtre de l’âme. Cette violence est salutaire — l’ultime ruse de la douceur du ciel pour nous atteindre. C’est toujours malgré eux que les prophètes de la Bible, souvent illettrés, deviennent le bois sec dont s’empare le feu de l’absolu, pour nous éclairer. Pas plus qu’eux Jean-Marie Kerwich n’a choisi de changer en or les mots qu’il touche avec ses doigts noircis de gitan. Jérémie, Isaïe et David sont ses frères d’écriture. Comme eux il cherche à tirer Dieu de son sommeil. Comme eux son âme le loup de son âme hurle à la lune blanche. La technique a ensorcelé nos vies, jusqu’à nous faire oublier qu’elles devaient à leur fragilité leur seule vérité. En nous rendant tout-puissants la technique nous extermine. Nous avons crucifié la nature, nous sommes ahuris d’images. Derrière chaque paravent il y en a un autre, et puis encore un autre, jusqu’à l’infini. Le souffle brûlant de ce livre les renverse tous d’un seul coup. Un va-nu-pieds nous redonne les clés du ciel que l’on pouvait croire à jamais perdues."

Christian Bobin




 

 


Dossier tsiganes/gadjé : quelle place pour le travailleur social ?
coordonné par Sophie Ansart et Philippe Crognier
LE SOCIOGRAPHE n° 28 janvier 2008, 128 p - http://irts-lr.fr

Dossier en 4 parties : Identités ? ; Accueils ; Une école autrement ; Ailleurs

- Télécharger sa présentation en Pdf / numéro 28, janvier 2009, 128 p.)

- Télécharger les premières pages (sommaire, édito, présentation du dossier, résumés)

Liste des articles :
- Présentation du n°
- Les "grands passages". Une forme d'itinérance alternative à la spatialisation des gens du voyage
- Populations tsiganes... Entre identités, identifications, ethnicités
- Caïn ou Abel ? Des imaginaires tsiganes entre nomadisme et sédentarité
- Des schémas d'accueil des gens du voyage. Témoignage d'un chargé de mission en préfecture
- Une mission de veille et d'alerte. Témoignge d'une coordinatrice-médiatrice d'accueil des gens du voyage
- Lecture enfantine en terrain vague. "Lis avec moi"
- Des lettres qui voyagent. "La boite à mots"
- Camions-écoles. Une école nomade
- La maison de Shere Rom. Une expérience de scolarisation en Espagne
- La pompe manouche
- Photographiquement > Gens qui voyagent

 

 


Camps d'étrangers.
Marc Bernardot.
Editions du Croquant,
2008. 223 p. www.editionsducroquant.org








Quel est le point commun au XXe siècle entre les tirailleurs et les travailleurs indigènes, les réfugiés et les rapatriés coloniaux, les minorités discriminées, les insoumis et les rebelles indépendantistes, les migrants illégalisés et les demandeurs d'asile déboutés ? Le fait d'avoir été, à un moment ou un autre de leur parcours en métropole, placés de force et confinés dans des camps, des cantonnements, des dépôts, des centres, des casernements, des logements contraints, dans toutes sortes de lieux isolés, inaccessibles et insalubres.
L'auteur propose une sociologie historique des camps d'étrangers en France depuis la Première Guerre mondiale. À partir de différentes enquêtes et sources d'archives il s'agit de mettre en perspective la manière dont les pouvoirs publics, et principalement la police nationale, ont mis en place et géré des lieux d'internement administratif des étrangers. Cet ouvrage questionne tout d'abord le terme de camp, objet difficile et source de polémiques entre analyses scientifiques, dénégations politiques et usages militants, mais qui décrit une réalité multiforme : celle d'un placement forcé et d'un déni de droits dans un espace clos, de circuits de déplacement surveillés et réservés, de la mise au travail forcé ou de l'interdiction de travailler, d'une limitation drastique des contacts avec le reste de la population. Il examine ensuite la technique de la mise en camp et les formes variées que prennent les camps d'étrangers selon les contextes et les objectifs des pouvoirs publics, la lutte contre un ennemi de l'intérieur, l'accueil " humanitaire " provisoire, l'épuration politique, l'expulsion de l'étranger. Il s'intéresse enfin à ces populations mises au secret de migrants forcés, de déplacés des colonies, de réfugiés européens ou de parias nationaux, des indigènes africains ou indochinois, des exilés arméniens, sarrois, espagnols, des suspects alsaciens, tsiganes, algériens, des migrants indésirables et d'autres bouches inutiles ayant fait l'amère expérience de cette étrange sollicitude de l'État démocratique pour ceux qu'il perçoit comme étrangers.

L'auteur : Marc Bernardot est professeur de sociologie à l'université du Havre. Spécialiste de sociologie historique de l'État, des migrations et du racisme, il a étudié les foyers de travailleurs et les camps d'étrangers. Il s'intéresse maintenant aux établissements humains précaires.

 

 


Gypsies under the Swastika (nouvelle édition mise à jour)
Donald Kenrick et Grattan Puxon, University of Hertfordshire, 2009, 192 p.





Publié pour la première fois en 1995 "Gypsies under the Swastika" a été traduit en sept langues, y compris en langue romani.
Il s'attache à inscrire les événements du XXe siècle dans le contexte de siècles de harcèlement et de mauvais traitements infligés aux Tsiganes, ainsi que de préjugés enracinés dans la société européenne.
Le génocide des Tsiganes par les nazis n'a pas reçu la même attention que celui des Juifs. A la fin de la guerre en 1945, les Tsiganes survivants n'ont pas consigné leurs histoires sur le papier ; dans la plupart des cas, ils ont tenté d'oublier les horreurs qu'ils avaient vécues. Certains néanmoins ont transmis leurs témoignages oralement.
Les auteurs de ce livre ont commencé à rassembler des données et à recueillir des témoignages à partir de 1969 afin de soutenir les demandes de réparations (la recherche a été publié en 1972 sous le titre Destin gitan). Dans les années qui ont suivi cette première recherche, beaucoup d'informations et de documentation ont émergé notamment à propos des Tziganes engagés dans la résistance et des quelques non-Tsiganes, qui ont tenté de protéger les innocentes victimes du fascisme au péril de leur propre vie.

Cette édition révisée contient des compléments sur la Roumanie ainsi que de nouvelles illustrations et des notes de référence. Le texte a été mis à jour pour tenir compte des nouveaux éléments disponibles en matière de source. Toutefois, le point de vue des auteurs reste inchangé sur le fait que l'objectif ultime des nazis ait bien été l'élimination de la population tsigane dans son ensemble.

Kenrick, Donald est l'auteur Gypsies: From the Ganges to the Thames (UH Press, 2004) ; The Romani World: A historical dictionary of the Gypsies (UH Press, 2004) et responsable editorial des 3 volumes de The Gypsies during the Second World War (UH Press, 1997, 1999, 2006).

Pour consulter la collection «Romani studies» de l’University of Hertfordshire Press :
http://www.herts.ac.uk/about-us/our-structure/subsidiary-companies/uh-press/romani-studies/home.cfm